Ouvrir son cœur
Jésus, dans l’évangile de ce dimanche « pousse le bouchon un peu loin » : Aimer ses ennemis !!!
Déjà, se faire proche d’un inconnu, lui ouvrir son cœur et sa maison, c’est une belle conversion !
C’est une aventure que nous avons vécue avec Geneviève, mon épouse, il y a 4 ans ; je connais plusieurs paroissiens des Graves qui l’ont vécue aussi.
Quand E., étranger en demande d’asile, est arrivé à Bordeaux, il est allé demander abri à l’archevêché ; la dame de l’accueil m’a prévenu*. Nous avons d’abord fait connaissance dans un parc de Bordeaux.
Après 2 jours à l’hôtel pour mieux comprendre qui il était, sans autre solution immédiate de logement, j’ai franchi le pas : « Viens à la maison ». Geneviève était d’accord.
C’était la première fois que je proposais un hébergement à un étranger. Je l’ai vécu comme une conversion, et une ouverture au monde.
E. nous a parlé de son pays, à la limite du Kurdistan et de l’Arménie, de sa passion pour le cinéma : il connaissait mieux que moi le cinéma français d’après-guerre ! Il m’a fait réviser mes classiques. Je lui faisais réviser le français. Il nous a préparé des plats de chez lui.
Actuellement, il poursuit des études supérieures…
Il y a 2 jours, j’ai reçu un petit texto poétique, plein d’amitié sincère.
Le gros risque d’ouvrir sa maison et son cœur, c’est de se faire de nouveaux amis.
Michel Barrabés, diacre, *délégué diocésain à la Pastorale des Migrants